Frédérique et Yleni remportent la Bourse de Conception Vectorworks 2015 dans la catégorie Extérieur

3 juin 2016

La victoire de Frédérique Windels et Yleni Bossu dans la catégorie Extérieur est inédite et ce, sur deux plans: c'est la première fois que ce prix est remporté non seulement par un projet en provenance du Bénélux mais aussi par un projet de groupe. Leur victoire prouve que la qualité du projet est ce qu'il y a de plus important: elles suivent en effet toutes les deux un master en architecture d'intérieur à la KUL - sans lien avec l'architecture paysagiste ou urbaine. Cependant, le jury n'a pas caché son enthousiasme face à leur concept. « Frais et efficace », ce sont les mots utilisés par l'un des membres de notre jury au sujet de ce projet.

Café Terminaal

Café Terminaal est un café temporaire, construit de A à Z par Frédérique et Yleni. « Le projet tente de résoudre deux problèmes préoccupants: il tâche de combattre la dégradation des morceaux de terrains inutilisés au sein de la ville ainsi que la ségrégation des différents groupes de population dans les quartiers à problèmes, » nous explique Frédérique. « Notre projet a été conçu pour un emplacement oublié de tous. Rue de la Prairie 58 à Saint-Josse-ten-Node. C'est un morceau de terrain anguleux, légèrement incliné qui se situe à la limite qui sépare le riche quartier Nord et le quartier chaud de la capitale. Les navetteurs se pressent pour traverser ce quartier mal famé et les habitants ne s'y sentent plus chez eux.

Le projet est né dans le cadre de leur travail de fin de bachelier. La consigne était claire: concevoir quelque chose pour le quartier - de tous les points de vue - et concrétiser ce projet autant que possible. « Les étudiants apprennent dès le début qu'un projet ne tourne pas qu'autour d'un joli rendu mais repose également sur des compromis », nous explique leur professeur Jeroen Nys. « Dans ce cas-ci, elles ont dû réfléchir à une ribambelle de facteurs : l'aspect financier du projet, l'inclinaison du terrain, le facteur social au sein du quartier, etc. » La politique s'est également immiscée dans ce travail car Frédérique et Yleni ont du demander une autorisation officielle pour pouvoir mener leurs plans à bien. »

« Vectorworks nous a été d'une grande aide », affirme Yleni. « Nous avons tout dessiné en détail dans le programme. Il nous a permis d'assembler un dossier bien construit pour le conseil communal qui non seulement représentait clairement nos plans mais qui mettait également notre approche professionnelle en valeur. »

La réalisation d'un concept social

« Avec 'Café Terminaal', nous voulions aborder les lacunes insidieuses du quartier, en commençant pas le plus important: le contact social entre les habitants et les passants. Nous espérions que ces deux groupes s'arrêteraient sur le quartier dans lequel ils se trouvaient, au propre comme au figuré. »

Après avoir mené des recherches approfondies, les deux étudiantes ont franchi leur première étape concrète en organisant un pique-nique à l'endroit de leur choix. « Un premier moment d'apprentissage », s'amuse Frédérique, «car, sur les 20 minutes dont nous avions besoin pour ramasser nos affaires, quelques hommes ont tenté de charger notre nappe de pique-nique dans leur camionnette. Heureusement, nous sommes arrivées juste à temps et ils nous ont rendu nos affaires sans faire d'histoires. »

Le ton était donné: la prudence était de mise pour que leur projet aboutisse. Leur solution: un conteneur. « La terrasse, les bacs à fleur, les meubles: en bref, tout le café était 'démonté" et rangé dans le conteneur le soir venu. Le matin, nous devions tout remettre en place », se souvient Yleni. Ce n'était donc pas un sinécure car la terrasse était faite de palettes qui, à cause de l'inclinaison du terrain, devaient reposer sur une autre construction sous-jacente pour rester à l'horizontale. C'est ainsi que les étudiantes en architecture d'intérieur se sont en partie transformées en « femmes à tout faire ».

Trois jours de plaisir

De quoi sont-elles les plus fières? « Que notre projet ne se soit pas résumé aux plans et aux dessins », déclare Frédérique. Avec peu de moyens mais beaucoup d'enthousiasme, elles ont atteint leur objectif : rassembler le sans-abri et le PDG autour d'une tasse de café, ou le navetteur flamand et l'habitant wallon dans une discussion sur la vie. Pendant trois jours, le petit morceau de terrain en jachère de la rue de la Prairie est devenu un petit morceau trépidant de métropole.

Une idée qui a non seulement abouti à un travail de fin d'étude mais qui a également suscité l'intérêt des médias locaux et soulevé énormément d'enthousiasme de la part des habitants. Sans oublier le prix de 3000 $ que les étudiantes ont reçu en remportant la Bourse de Conception Vectorworks. Yleni souhaite, pour sa part, utiliser cet argent pour financer sa dernière année d'étude et Frédérique prévoit de l'utiliser pour payer un potentiel stage à l'étranger.

Des conseils à donner aux étudiants qui hésitent à présenter eux-mêmes un projet pour la Bourse de Conception 2015? « Il ne faut pas trop réfléchir. Et surtout ne partez pas du principe que vous n'êtes pas assez doué. »